Romans de vie

Marie d’en haut

Agnès Ledig

L'histoire

Un gendarme citadin, fraîchement installé en montagne, tombe sous le charme d’une fermière qu’il pense bien seule et ayant besoin de protection. Faisant tomber tous ses préjugés un à un, elle finira par craquer sa carapace de vieux loup solitaire.

Pourquoi j'ai ouvert ce livre ?

Pour l’auteur, dont j’avais adoré le roman Juste avant le bonheur

Ce que j'en ai pensé

Une petite histoire d’amour fraîche et sans prise de tête, comme ça fait du bien de temps en temps pour se changer les idées.

Pour en savoir plus...

Les premiers mots

Vous n’allez pas m’aimer.
Il y a de quoi. Je suis flic, seul et antipathique. Seul, mais en permanence accompagné de mon ange immaculé sur l’épaule droite, qui me saoule avec ses bondieuseries et ses bonnes manières, me suggérant que je pourrais être plus engageant, un peu chaleureux et un minimum courtois, et mon diable écarlate qui le contredit sur l’autre épaule et dans tous les cas, me susurrant à l’oreille que j’ai bien raison d’être un sale type, que les autres ne méritent pas mieux que mes yeux durs et mes aboiements. Œil pour œil, dent pour dent, la vie. Il serait plus simple de me débarrasser de l’un d’eux. N’importe lequel, pourvu qu’ils arrêtent de se chamailler. J’en ai mal au crâne.
À en croire mes résultats scolaires et mes ébats primaires, je ne suis ni intellectuellement bête ni physiquement repoussant, mais je n’ai pas envie d’être gentil.
Flic à la rigueur, même si je déteste ce boulot. Il me permet au moins de vivre. Mais seul et antipathique, c’est plus difficile à gérer.
La solitude est-elle la cause de l’antipathie ou sa conséquence ? Une célèbre et sempiternelle théorie de basse-cour. Mais si j’écrasais dans l’œuf cette noirceur avant qu’elle ne remonte à la surface, je me trouverais peut-être une petite poule. Ce qui m’éviterait de réfléchir à ma vie, comme en ce moment, les yeux dans le vague, assis à mon bureau.
Chienne de vie !
C’est un stylo qui me sort de ma rêverie. Celui de Fanny, l’hôtesse d’accueil, qui vient de le jeter violemment contre ma porte vitrée. Elle serait personnage de bande dessinée, des éclairs sortiraient de ses yeux. Elle me fait de grands signes dans tous les sens. On dirait l’interprète des débats de l’Assemblée nationale, sur la trois, dans son petit médaillon. Eh oh, je ne suis pas sourd ! Un téléphone… qui sonne… dans mon bureau ?
Ah oui, tiens !
Et je dois lui ramener son stylo aussi. Ben voyons. Pour lui éviter de bouger ses grosses fesses. Ça, c’est moi qui le pense. Mais je lui épargne mon opinion, même en langue des signes. Si elle arrêtait aussi de bouffer des cacahuètes à longueur de journée, et qu’elle venait à pied au boulot, ou au moins en vélo. Elle habite à trois rues d’ici. Je le sais, je l’ai vue monter dans sa voiture devant chez elle, le deuxième jour de mon affectation. Au troisième, je lui ai balancé qu’elle ferait mieux de commander un container de cacahuètes directement aux Chinois, ils lui feraient un prix. Comme ça, elle pourrait s’acheter un vélo. Elle m’a répondu d’aller me faire foutre.
L’appel a rebasculé chez elle, faute de réponse. Je la vois appuyer sur son poste avec la même vigueur que le type qui s’acharne sur une télécommande qui ne marche pas, en m’envoyant une nouvelle salve d’éclairs. Je décroche enfin, en lui adressant un sourire de vendeur de cuisine.
— Lieutenant, nous l’avons localisé ! Une petite ferme isolée sur les hauteurs du village. Les Hauts-Bois. L’adjudant Gauthier connaît.
— Parfait, gardez vos positions, à couvert, jusqu’à nouvel ordre. On arrive avec du renfort.
Enfin un peu d’action. Trois semaines que je suis là et rien de bien excitant. Cette mutation pour l’Ariège ne m’emballait guère, mais il me fallait cette augmentation. Absolument. Le banquier commençait à faire des ronds dans le ciel, un vieux réflexe de vautour quand la lionne est sur le point de croquer l’arrière-train d’un zèbre à bout de souffle. Moi, c’est l’aide à domicile que j’ai embauchée pour Madeleine qui me croque l’arrière-train. Enfin, façon de parler, hein ?! Elle n’est plus toute jeune, plutôt moche, et parle fort, une habitude prise au contact des vieux dont elle s’occupe. Mais elle est gentille avec eux. C’est déjà ça.
Ainsi, mon compte flirte de plus en plus avec le découvert autorisé. Je n’ai jamais été bien riche, mais là, c’est Padirac ! Et l’interdit bancaire me pend au nez.
Pourquoi ça ne m’emballe pas ? Parce que je suis un gars de la ville, que je ne connais rien d’autre, et qu’en Ariège, je vais m’ennuyer. La seule chose positive, c’est que je vais pouvoir aller rôder autour des châteaux cathares avec mon VTT et mes feuilles à dessin. C’est tout. Pour le reste, à la brigade, on m’a prévenu : Dans ton secteur, c’est surtout des agriculteurs. Super ! Amis bouseux, me voilà…

Le résumé de l'éditeur

À 30 ans, Marie a un caractère bien trempé et de la ressource. Lorsque Olivier, lieutenant de gendarmerie, débarque chez elle sans prévenir pour une enquête de routine, elle n’hésite pas à le ligoter pour lui faire comprendre explicitement qu’il n’est pas le bienvenu. Mais cette carapace de femme forte dissimule ses fêlures. C’est grâce à Antoine, son meilleur ami, et Suzie, sa fille, que Marie trouve un sens à sa vie. Et contre toute attente, Olivier va rejoindre le trio. Entre lui et Antoine, la guerre est déclarée. L’enjeu ? Le cœur de Marie.

 

« Des morceaux de vie entrelacés, des chagrins, des joies, des émotions, une histoire simple racontée avec vivacité et humour. Et aussi et surtout, de l’espoir. » Valérie Bapt – l’alsace.f

Coup de cœur des lectrices du prix Femme actuelle
Coup de cœur des lectrices / Prix Femme Actuelle 2011

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