Détente des zygomatiquesRomans de vie

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

L'histoire

La correspondance d’une auteure avec un de ses lecteurs, à la découverte d’un club de lecture pas comme les autres pendant la guerre…

Pourquoi j'ai ouvert ce livre ?

Pour son titre à rallonge assez inhabituel pour un titre de roman.

Ce que j'en ai pensé

C’était la première fois que je lisais un roman épistolaire, et c’est un peu déstabilisant au début, mais on s’y fait très vite et après difficile de lâcher le livre.

J’adore les romans qui parlent de la guerre et qui, bien plus passionnants qu’un livre d’histoire truffé de frises et de dates, nous retrace le quotidien des hommes en cette période particulièrement troublée. C’est à travers les petites anecdotes ordinaires comme ce club de lecture loufoque que transparaît le mieux ce qu’a pu être la vie à cette époque.

Pour en savoir plus...

Les premiers mots

8 janvier 1946

Mr. Sidney Stark, Éditeur
Stephens & Stark Ltd.
21 St. James Place
Londres SW1
Angleterre

Cher Sidney,
Susan Scott est une perle. Nous avons vendu plus de quarante exemplaires du livre, ce qui est plutôt réjouissant, mais le plus merveilleux, de mon point de vue, a été la partie ravitaillement, Susan nous a déniché des tickets de rationnement pour du sucre glace et de vrais œufs afin de nous confectionner des meringues. Si tous ses déjeuners littéraires atteignent ces sommets, je suis partante pour une tournée dans tout le pays. Penses-tu qu’un somptueux bonus l’encouragerait à nous trouver du beurre ? Essayons, tu n’auras qu’à déduire la somme de mes droits d’auteur.
À présent, les mauvaises nouvelles. Tu m’as demandé si mon nouveau livre progressait. Non, Sidney, il ne progresse pas.
Les Faiblesses anglaises s’annonçaient pourtant si prometteuses. Après tout, on devrait pouvoir écrire des tartines sur la société anglaise pour dénoncer la glorification du Lapinou anglais. J’ai exhumé une photo du Syndicat des exterminateurs de nuisibles, défilant dans Oxford Street avec des pancartes « À bas Beatrix Potter ! ». Mais que peut-on ajouter à cela ? Rien. Rien du tout.
Je n’ai plus envie d’écrire ce livre. Je n’ai plus ni la tête ni le cœur à l’écrire. Aussi chère que m’a été (et m’est encore) Izzy Bickerstaff, je ne veux plus rien écrire sous ce nom. Je ne veux plus être considérée comme une journaliste humoriste. Je suis consciente que faire rire – ou au moins glousser – les lecteurs en temps de guerre n’était pas un mince exploit, mais c’est terminé. J’ai le sentiment d’avoir perdu le sens des proportions ces derniers temps, et Dieu sait qu’on ne peut rien écrire de drôle sans cela.
En attendant, je suis très heureuse que Stephens & Stark gagne de l’argent avec Izzy Bickerstaff s’en va-t-en guerre. Le fiasco de ma biographie d’Anne Brontë me pèse moins sur la conscience.
Merci pour tout,
Affectueusement,
Juliet

P.S. : Je suis en train de lire la correspondance de Mrs Montagu. Sais-tu ce que cette femme lamentable a écrit à Jane Carlyle ? « Ma chère petite Jane, tout le monde nait avec une vocation, et la votre est d’écrire de charmantes petites notes ». J’espère que Jane lui a craché au visage

Le résumé de l'éditeur

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet de roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil des lettres qu’elle échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis : un étrange club de lecture inventé pour tromper l’occupant allemand, le « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates »… Aussi fantasque que son titre, drôle, tendre et incroyablement attachant : un premier roman comme on en a pas vu depuis longtemps et qu’on a hâte de passer de main en main.

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